Friday, January 8, 2010

Laos


Une capitale des plus tranquilles, laisse présager un pays au rythme de vie plus que pépère. Un pays sans homme presse ? Pourquoi pas ?

Il y fait bon ne rien y faire, et cela arrange bien les choses, il n'y a pas grand-chose à voir, touristiquement parlant. S'y balader au bord du Mékong en bonne compagnie, voila l'ambiance du lieu. Claire arrive bientôt, parfait ! En l'attendant, je m'occupe de mon passeport, renouvellement pour cause de photo qui se décolle, et de mon visa thaïlandais.
Puis je pars visiter Vang Vieng...
Une arrivée surprenante. Il est 21h quand le bus me dépose aux abords de la ville, qui est calme en sa périphérie, mais qui s'active en son enceinte. Du Rock and Roll, de la techno, pas très Laos tout cela. Je découvre une ville dédiée aux touristes, plus aucun lao, les rues appartiennent a l'étranger qui boit et crie toute la nuit parce qu'il le vaut bien. Toutes les substances illégales sont prises, puis on comate devant la série friends, de préférence. Au petit matin, je me réveille tôt pour profiter d'une journée vélo et visiter les environs. Je rencontre, pendant le petit déjeuner, les mêmes affalés dans les divans devant les mêmes rediffs. Certains resteront la toute la journée pour leur descente, ou leur retour sur terre. Dans nombreux cas, ce sera deux semaines de picole, pour certains, ce sera la seule vision du Laos qu'ils auront... C'est triste. Mais que faire? On ne peut pas forcer les gens a s'interesser aux autres! Y a bien l'education, qui peut aider a l'ouverture, a l'echange des cultures. Mais ce n'est pas le parti pris de nos gouvernement, l'ecole doit apprendre un metier, et c'est tout! Pas trop d'accord je suis. Ca va encore faire des profs grevistes et donner de l'eau sale au moulin des discours anti profs parce qu'ils ne bossent jamais et se plaignent tout le temps... Et que deviennent les arguments d'une ouverture au monde, aux peuples qui le constituent, quand on lance un debat sur l'identite nationale. Il y a maldonne... Et on s'etonne que la societe cree des gens si peu interesse par leur voisin et par le bien-etre du monde?!!!
A cause du manque de spiritualite ambiant, les moines n'arrivent plus a leviter, ni meme a marcher sur l'eau
Je rencontre des jeunes sortant d'un bar, gueulant a tout va, torses nus, titubants. Tiens ! Si on rigolait un peu, tu montes sur mon dos et on se jette à toute vitesse sur les voitures... Ahahah, que c'est drôle, t'as vu la tronche des laos, ils font la gueule, qu'est ce qu'on se marre !!! Et les villageois ne disent rien, beaucoup trop d'argent est en jeu, ils contemplent, d'un air désolé. Qui a dit qu'on ne pouvait pas tout acheter avec de l'argent ? L'activité maitresse du lieu est le tubing. Une descente de rivière sur 4 km dans un pneu de tracteur. Cela semble intéressant et la rivière est splendide, bordée de falaises abruptes. Mais je suis prévenu par les touristes des mon premier soir : « C'est trop méga génial !!! Moi ca fait 17 jours que je fais que ca !!! Mais je n'ai pas encore réussi à descendre une seule fois la rivière en entier !!! Y a des bars tout le long, alors on boit toute la journée, et après on est tellement des épaves qu'on rentre en taxi !!! Je vais continuer jusque la prochaine full moon party, alors je prendrai l'avion pour la Thaïlande » Bon, je me décide à partir en repérage bicyclette le premier jour. Je découvre la belle nature, des environs charmants, puis j'arrive au départ des touristes tubeurs. La techno me met tout de suite dans une autre ambiance. Je me plante au bord de la rivière, y fait quelques plouf et regarde curieusement le manège des étranges personnes qui viennent passer des vacances au Laos, sans jamais s'intéresser un tant soi peu à sa culture et ses gens. Des la sortie des taxis, on pose le tube dans le bar et on commande les bières et les sots d'alcool fort. Je me baigne une heure durant, et pas une seule personne sur les 40 n'a bougé son petit cul. Je bouge le mien, j'en ai vu assez. L'ambiance a l'air pourtant joviale et agréable, mais je n'ai pourtant pas du tout envie de me mêler au troupeau. Comme disent les Malpolis : « Les nouveaux beaufs !!! A part eux bien sur, on ne sait plus s'amuser !!! Mais quand tu les vois rigoler, t'es bien heureux de t'emmerder !!! » Le reste de la journée, je continue mon repérage aquatique qui me permettra le lendemain de descendre la rivière à la nage en faisant quelques arrêts aux nombreuses balançoires géantes, sympathiques et frissonnantes, mais qui blessent énormément de touristes acrobates, car on dit bien souvent qu'il ne faut pas boire et conduire, mais on oublie de dire aussi qu'il ne faut pas mélanger boisson et saut de 10m dans la rivière au moment ou il y a quelqu'un en dessous...
Mais le paysage est magnifique, des rivières, des lagons bleus et de charmants villages remplis de sympathiques personnes quadrillent la région. Quelques irréductibles qui ne sont pas venus pour la « fête » profitent de ce cadre exceptionnel. Je pars ensuite à la recherche de Na Thong, un petit village qui abrite une asso présidée par Anaïs et Sangkeo. Je dois y retrouver Nathalie et Alex, 2 amis des environs de St Girons. Et puis donner quelques cours d'anglais à des jeunes du village et aider à la construction d'une école m'aidera à reprendre un peu confiance en cette satanée race humaine. J'y rencontre là-bas des personnes qui se dévouent un peu aux autres pour changer. Elles apprennent la langue du pays et socialisent, blaguent avec les laos, si ca existe, je l'ai vu de mes propres yeux, donc il y a de l'espoir ! J'y passe 4 jours très agréables.
Pendant ces journées, nous construisons une petite maison en bambou et donnons des cours d'anglais aux petits villageois. Et rien de mieux que de travailler dans la nature accompagné de bons amis et entouré de ce paysage si propice aux rêves. Le lien du site de l'asso est attache à mon blog, si vous avez envie d'y faire un tour, n'hésitez pas, et si vous allez un jour au Laos, vous y serez les bienvenus. Et vous aurez une vue splendide.
Un petit plouf en recompense du travail accompli
Et retrouver une classe m'a fait le plus grand bien ! Ils me manquent un peu les morveux !
La nature est belle, mais dangereuse. Des serpents et des scorpions j'y ai croisé et vite j'ai arrêté de marcher pieds nus et mes tongs j'ai remis.
L'heure de retrouver ma belle approche, alors je quitte de bon cœur ces bonnes âmes pour retourner a Vientiane.
C'est le début de 2 semaines exceptionnelles dans le sud du Laos. Vang Vieng est un monde a part dans ce pays, la débauche n'est pas la culture du lieu. Nous restons 2 jours a parcourir a velo Vientiane puis partons à Pakse et louons une moto pendant 4 jours pour plus de liberté. Les transports en communs ne peuvent nous emmener que dans les villages, or la nature est grande et belle, nous optons pour ce moyen de locomotion afin de l'explorer au mieux.

La première journée sera consacrée à Champasak, un ancien temple Khmer. Le temple en lui-même n'est pas impressionnant, mais la beauté environnante nous charme et la route, parsemée de trou rendant la conduite difficile mais amusante, aux abords du Mékong nous fait traverser de charmants petits villages.
Ce fut aussi une journée d'essais pour la moto qui nous emmènera ensuite a travers le Bolaven Plateau pendant les 3 jours suivants, un lieu reculé ou il ne fait pas bon tomber en panne.
En route pour l'aventure ! Des cascades en cascade nous voyons.
Les bassins féeriques pullulent et nous en profitons tant que se peut. Le premier soir du périple est le 24 décembre. Nous nous trouvons un petit coin pour ouvrir le pomerol et déguster le foie gras tout en profitant de la vue et de la baignade (et des moustiques, bien entendu, rien n'est jamais parfait !) Difficile de rêver d'un plus beau cadre pour Noel.
Le vin et la bière par-dessus nous monte a la tête, nous nous effondrons rapidement dans le lit. Tant mieux, car le lendemain commence tôt, avec le lever du soleil. On part a la recherche de la cascade perdue.
Nous nous enfonçons dans la jungle, suivis de près par un petit groupe de gamins, qui veulent à tout prix nous guider, moyennement compensation. « Hey, qu'est ce que vous foutez la ? Vous ne devriez pas être à l'école ! » La question les dérange, on est peut être le 25 décembre, mais ici au pays des Buddhas, ce n'est pas un jour férié. Demander de la tune aux touristes, ca rapporte ! A l'école, on n'est même pas paye pour apprendre, c'est dégueulasse ! Encore une fois, la pitié des occidentaux pour ces « pauvres petits » encourage la mendicité, des enfants surtout, car leur petite tête de mignon rapporte plus...
Puis c'est la chevauchée fantastique, on met les bouchées doubles pour arriver à Attapeu que nous voulons rejoindre avant la nuit, en trouvant au passage un petit coin de baignade. A l'aube du 3e jour, nous partons pour revenir à Pakse. Mais au bout de 30 min, le pneu avant éclate alors que je roulais a 70km/h sur une route goudronnée. Je sens la moto se battre pour nous jeter à terre, je parviens à la contrôler, mais cet épisode me laissa des frissons dans le dos, car j'ai senti mon impuissance face a ce genre d'évènement ou la conduite devient dangereuse et hasardeuse. Par chance, un réparateur se trouve juste a l'endroit de la crevaison (a croire qu'il a mis lui meme les clous sur la chaussée pour augmenter le nombre de ses clients...)
L'alea passe, nous continuons notre chemin pour aller en plein cœur du plateau. La route en terre rouge est un vrai gruyère, la conduite est laborieuse, mais le paysage est une récompense largement suffisante. Nous nous arrêtons à chaque cascade pour manifester notre émerveillement devant ces créations de la nature.

Et nous sommes très souvent seuls au monde, une sensation d'être perdu dans la jungle.
Si la bécane venait à nous lâcher en cet instant, nous aurions une toute autre aventure devant nous. Elle a tenu bon. Avant de rentrer, nous voulons profiter au maximum de ces splendeurs, nous partons sur un petit trek pour trouver le sommet de la cascade la plus haute du Laos, 140m de bonheur et un bain immémorial au coucher du soleil.
De retour a Pakse, nous tombons par hasard sur une fete boudhiste dans un temple en construction. Et ca pousse bien les temples au Laos! Buddha a les plus belles maisons du pays, encore une fois la religion oublie les principaux preceptes de son dieu...
Une ceremonnie des fils
Pour avoir le droit a une priere, il faut disposer un sous dans chaque bol. Plus il y a de bol, plus ca rapporte, plus les pouvoirs de Buddha sont grands!

La prochaine étape : Les 4000 iles ! Ca fait beaucoup ! Mais cela s'explique par le fait que beaucoup ont la taille d'un mini pouce. Dans cette multitude, nous en choisissons une, nous y passons 3 jours à nous reposer et profiter des belles vues qu'offre le Mékong à la tombée de la nuit,

ainsi qu'au lever du soleil, mais ca, on le voit moins souvent, nous sommes rarement reveille...
Nous pourrions y rester plus longtemps. L'atmosphère est propice à la lecture, à l'écriture, à la sieste dans le hamac qu'il y a en série aux abords du fleuve. Mais le temps nous ait compté (ah ce satané temps ! Pourtant, on a l'impression qu'il s'arrête en cette belle contrée), Claire n'a que 2 semaines de vacances et veut profiter au maximum des multiples expériences qu'offre le Laos aux voyageurs.

Nous repartons donc pour Tha Khek en compagnie de chevres dans les soutes et de canards et poulets sur le toit,
de la nous repartirons pour un trip moto de 3 jours a travers la campagne du centre du pays.
Au petit matin, juste le temps de déguster un petit déjeuner en face du Mighty Mékong, de trouver une moto et nous voila repartis.

Le premier jour est le 31 décembre. Comme 7 jours auparavant, nous cherchons une cascade pour nous tenir compagnie ce soir de fête. Nous avons aussi Mme St Emilion et Mr foie gras, mais l'eau vient a manquer en cette saison sèche et la chute recherchée ne déverse plus que quelques larmes. Nous trouvons tout de même un magnifique point de vue en substitut.
A notre retour nous tombons sur la fête du village, jeux de fléchette pour gagner des peluches, jeux de des pour les parieurs et surtout présentateur ringards et danses païennes pour se défouler comme chez nous dans nos villages. JP Pernaud pourrait en parler au JT. Bonne ambiance garantie, Claire se lance sur la piste et fait un malheur avec son déhanché, pleins de copines en 10 min, et les mecs, ivres pour la plupart, me complimentent par signes.

Le lendemain, nous attaquons par une grotte de 7km à traverser en bateau.
Une merveille souterraine et une ambiance mystique garantie.

Puis nous nous dirigeons vers une piscine naturelle de toute beauté, difficile d'accès. Le pont est détruit, mais les locaux y passent, donc j'y crois et me lance dans la boue.
Apres quelques déséquilibres, nous voici de l'autre cote pour profiter d'une baignade bien méritée.

Le dernier jour nous amène à traverser un triste paysage, une foret entière morte à cause de la montée des eaux provoquées par le nouveau barrage. Un désastre écologique comme il y en a beaucoup dans le monde.

Puis nous visitons 2 grottes, dont une fut découverte il y a peu, remplies de bouddhas millénaires. Et voila, c'est la fin de notre périple 2 roues.
En tout, 7 jours de motos et plus de 800 km parcourus. Il ne nous reste que 10 km, nous sommes heureux, nous en avons bien profité. Notre véhicule nous a amené dans des endroits inaccessibles et magiques. Tout s'est bien passe... jusqu'à ce que... un agneau !!! Il coupe la route, je freine brusquement, nous sommes sur des graviers, la moto dérape et penche vers la gauche, je mets le pied pour redresser, erreur ! Je suis en tong, l'ongle du gros orteil saute, et celui d'à cote n'en a plus pour longtemps à vivre. Nous basculons à présent vers la droite, tombons et glissons sur quelques centimètres. Nous n'allions pas très vite, mais Claire s'est pris un caillou qui lui a ouvert le haut du genou. Claire panique voyant mon pied en sang, Help ! Heureusement nous nous accidentons dans un village, les locaux ont un moment de stupeur, puis ils accourent à notre rescousse. Tout est pris en main, on nous nettoie les plaies, nous donne des antibios et des antidouleurs, Claire se retrouve avec du persil sur sa blessure, remède de grand mère oblige. Puis un villageois arrive avec son pick up, la moto est déposée à l'arrière, les blessés à l'avant, et en route pour les 10 derniers km... Un grand merci à ces villageois pour leur aide, soins et gentillesse, une hospitalité sans concession puisqu'ils ont absolument refusé toute compensation monétaire pour les médocs, l'eau et le transport jusqu'à la ville.
Au retour de la moto, le propriétaire s'inquiète de notre sante et se fout totalement des quelques égratignures infligées a son vehicule. Il y a une clinique à 100m, nous y allons en boitant fortement. Facon locale, on nous nettoie les plaies sans ménagement. La pince en métal qui tient le coton me râpe la chair nue de l'orteil, pas la peine de gémir, semble dire l'infirmière qui en a vu d'autre. Claire subit le même traitement, mais il lui faut des points de suture. On préfère aller à l'hôpital pour ce genre d'opération. Hop, on saute (façon de parler) dans le tuk-tuk, qui ne comprend pas un mot d'anglais, et qui malgré nos multiples blessures, ne saisit pas que l'on veut aller a l'hôpital. Ayant peur de perdre des clients, blancs de surcroit, il fait semblant de comprendre, mais au bout de quelques temps, il ralentit et tourne en rond, ne sachant ou nous emmener. Heureusement, j ai un plan de la ville et je lui indique les directions. En 2 temps, 3 mouvements, le docteur des urgences lui place 4 points, la blessure est propre et nous repartons content du traitement.
Ce fut notre dernière soirée, Claire devant repartir le lendemain. Pas la plus agréable, mais l'important étant que nous allions bien tous les 2, les blessures étant finalement minimes. Nous n'avons qu'une envie, celle de nous reposer dans un lit confortable en attendant que la douleur cesse. Mais ce luxe est impossible, il faut absolument reprendre un bus de nuit car Claire décolle le lendemain de Vientiane... Tant pis, une mauvaise nuit a l'horizon, mais pour nous consoler, notre tête est toujours pleine d'images féeriques de la belle aventure passée ensemble.
Claire est repartie, mais sera de retour début mars en Indonésie, a la fin de ses écrits. Moi, je pars pour un mois en Thaïlande, direction les iles pour panser mes plaies, puis février, je retrouve ma sœur en Malaisie. Que du bonheur a l'horizon 2010. Bonne année a vous et bisous.

Sunday, December 6, 2009

Cambodge


Une arrivée en douceur au Cambodge par un poste frontière des plus relax. Les gens sont souriants, le paysage rural, terre rouge ocre sur fond verdoyant annonce la couleur. L'aventure khmer se dévoile sous les meilleurs auspices. Un début prometteur, qui ne fait que confirmer les bons échos du dimanche énoncés par les voyageurs.

A défaut de vélo, je loue dans la foulée une moto, histoire de me familiariser avec les environs, de sortir des sentiers battus, d'être libre de mes mouvements. Mes soupçons sont confirmés, il fait bon vivre au Cambodge. La nature est reine, parsemées de maisons typiquement khmers sur pilotis, les derniers servant de pilier de hamac car la sieste est une activité réputée ici monsieur. Personne n'essaie de me vendre des bidules nuls et des machins moches, qu'on en a plein le cul, qu'on en a plein les poches... (De qui est ce ?) C'est agréable de retrouver des relations humaines non biaisées par l'argent. La religion semble importante, de nombreux prêtres en uniforme hollandais se baladent sur les chemins, par groupe de 3 si possible, va savoir pourquoi. Un groupe d'enfants tous nus joue dans la boue à se la lancer en pleine figure, c'est rigolo, mais je ne m'y attarde pas de peur qu'ils trouvent en moi une cible à leur gout. Bref, un bon air de vie plane dans l'air et s'hume à pleines narines.
Mais, car il y a toujours un met dans le repas que je vous sers, ce bon feeling va rapidement être taché par un problème qui touche particulièrement ce pays et son voisin occidental : le tourisme sexuel. On a beau se préparer à la chose, on est toujours surpris par l'ampleur du phénomène. Le premier couple, on se dit que l'amour est possible entre un sexagénaire grisonnant bedonnant et une jeune et jolie de 20 ans, mais on est tout de même très suspicieux, puis rapidement vient le 2e couple, puis toute la suite des nombres jusqu'à l'infini. Le bénéfice du doute s'efface lentement mais surement, ne laissant plus aucune chance de rédemption aux amoureux perdus dans la masse des salops.
L'apogée fut atteinte à Sihanoukville, ville qui n'a d'autres buts que celui d'asservir toute une population de jeunes femmes cambodgiennes aux étrangers de passage a la bourse pleine (avec mauvais jeu de mots...). Mais cela rapporte de l'argent dans les foyers et c'est le plus important, n'est ce pas ? Il n'y a pas de sot métier, isn't it ? (voila une expression qui arrange bien beaucoup de monde...)

C'est a la sortie de Kep et Kampot, que je rencontre la fameuse station balnéaire Sihanoukville, une étape intéressante pour prendre la température du pays. A la sortie du bus, un hôtel annonce le dortoir gratuit. Je m'y pose sans faire de bruit car tout le monde dort dans la quinzaine de lit du dortoir. Cela aurait peut être du me mettre la puce a l'oreille, il est midi. Je visite la ville le reste de la journée et suis vite déçu par l endroit, remplis de couples homme blanc femme cambodgienne et de plages privées, car tout s'achète dans notre beau monde, les plages et les femmes... Je rentre assez tard et me retrouve dans cet hôtel gratuit qui a pour vocation d'attirer le plus de touristes dans son enceinte pour ensuite y faire la fête toute la nuit en compagnie de charmantes prosti... heu... accompagnatrices en petite tenue. Il y a internet, donc je commande une bière et me pose pour y rédiger la fin de mon texte sur le Vietnam. Le spectacle du lieu détourne mon attention régulièrement. Il y a au moins une trentaine de ces jeunes dames aux mains de touristes masculins bien peu scrupuleux et irrespectueux de la gente féminine. J'en ai assez vu alors je m'échappe dans mon lit et tente de dormir sous les mégas décibels de la sono et des cris de bourrés. Nuit quasi blanche, je me réveille a 5h du mat pour attraper le premier bus direction Phnom Penh et un autre environnement plus sain, je l'espère. Les fêtards vont se coucher, ils me disent bonne nuit, je leur réponds bonjour. Je me souviendrais toujours de ce voyage en bus vers la capitale. Des touristes blancs qui jacassaient et se vantaient de leurs « conquêtes », racontant et détaillant les filles et leurs exploits. Pas de quoi être fier les gars ! Et des jeunes femmes cambodgiennes peu habillées sortant tout juste d'une nuit bien mouvementée, avec dans la main quelques billets verts gagnés a la sueur de leur corps, salis et utilisés par de bien piètres individus.

A Phnom Penh, je dois y retrouver Serge et Sophie, un couple de potos de Mumbai en vacances. A peine sorti du bus, je tombe par chance sur Serge, je le reconnais facilement par sa taille gargantuesque pianotant dans un cyber café. Il était justement en train de m'écrire pour convenir d'un rendez vous. Tsss, pas besoin, je suis derrière toi !

C'est le début d'un bon petit périple en leur compagnie.
Pour la premiere journee dans la capitale, je commence seul au lever du jour par le best of du menu touristique, notamment le palais royale et son trop plein d'or.
Puis je rejoint les friends pour la suite de l'aventure, une page d'histoire de l'humanite... pas tres jolie...
Il est minuit passe, la journée fut dure et éprouvante, alors je devrais être assommé et dormir comme une tombe. Mais non, elle fut trop chargée en émotion, je n'arrive pas a fermer l'œil, la conscience et l'inconscience travaillent dans ma petite caboche, il est difficile de rester de marbre face au démon qui sommeille en chacun de nous et qui s'exprime avec une telle violence dans ces actes insensés. La journée Khmers rouges m'a mis à terre... Tout d'abord, nous avons commencé par une visite de la prison S21, transformée en musée commémorant la vie des détenus, torturés et exécutés, de passage en enfer.

On suit le parcours des prisonniers jusqu'au bout et arrivons aux fosses communes, 15 km plus loin, d'ou se dresse une grande stupa bouddhiste remplie de 8000 cranes humains entreposés en cet endroit pour rappeler a l'humanité les dérives possibles de ses actions.

Et pour finir, dans la même lignée, nous visionnons un film retraçant l'aventure terrible de journalistes cambodgiens, américains et français à l'époque maudite de Pol Pot... Donc je ne dors pas. ¼ de la population cambodgienne fut décimée pendant ces 4 terribles années. A la fin du règne Angka, la population était composée de 70% de femmes. Les bébés des parents tués subissaient le même sort pour éviter de faire des futurs rebelles. On les supprimait en les tenant par les pieds et en les frappant contre un arbre. Comment peut on avoir le cran de faire cela a un nouveau né ? Et les tortures ? Et les morts lentes car il fallait éviter de gaspiller des balles si précieuses ? Et après les horreurs de la 2eme guerre mondiale, les USA et les Nations Unies, nos grands héros défenseurs des libertés et des opprimés, soutiennent les Khmers rouges dans leur lutte contre les vietnamiens, tout en ayant connaissance des massacres, simplement parce qu'il fallait combattre les Viets qui symbolisaient a l'époque le communisme et la lutte de pouvoir contre le bloc soviétique. Peu importe les civils cambodgiens dans cette affaire. Ne sommes nous pas tous des assassins dans cette histoire ? Et le bombardement secret du Cambodge pendant la guerre du Vietnam, car certains Viêt-Congs se cachaient dans la campagne avoisinante, tuant 250 000 civils cambodgiens qui n'avaient rien demandé a personne, mais a qui l'on a servit tout de même une bonne soupe de bombes made in USA. Y aurait il pu avoir un lien entre cette tuerie orchestrée par les américains et leurs alliés et la brutalité des Khmers rouges qui haïssaient et supprimaient tout ce qui pouvait symboliser l'Amérique ? Non ! Bien sur que non ! Les cambodgiens sont juste sanguinaires comme cela, par nature, c'est surement dans les gènes... Il ne faut surtout pas dire que la rage des cambodgiens ait quelque chose à voir avec la tuerie gratuite donnée par les donneurs de leçons que nous sommes. Et la guerre en Irak, qui il y a 3 ans, alors que je vivais a Vancouver, avait déjà fait 750 000 morts irakiens, j'ai perdu le décompte depuis, et je crois que tout le monde l'a perdu, sauf le décompte des américains car il est bien connus qu'un américains vaut bien au moins 100000 irakiens en terme d'importance. Personne n'a propose dans notre gouvernement de faire une minute de silence pour ces vauriens d'irakiens qui meurent tous les jours... alors que le 11 sept... alors la ! Il fallait surtout la faire cette minute... Donc s'il y a de plus en plus de fous d'Allah prêt a se faire sauter au nom de dieu, ce n'est surement pas a cause de nos actions... d'ailleurs il faut frapper encore plus fort, et pourquoi pas bombarder l'Iran ou un autre pays démoniaque car on a des bombes a revendre et il faut bien les utiliser pour faire fonctionner nos industries...
Oups, je m'égare de plus en plus. Arrêtons-la ! Mais que penser quand on voit toutes ses terribles choses que l'on est capable de faire... Comment peut-on encore se sentir supérieur, penser que la race humaine est l'élue des Dieux ? Les Dieux que l'on nous décrit choisiraient ils vraiment au sommet de leur hiérarchie ou de leur préférence des êtres capables d'atrocités pareilles envers eux même et envers le reste de la nature, envers tout le reste des espèces animales que nous décimons sans sourciller, ou alors si quand même, faisons un peu de recyclage, c'est bon pour l'environnement et cela donne bonne conscience, mais je consomme toujours autant, je conduis toujours ma grosse voiture. D'ailleurs j'ai vu voila une semaine de cela un article dans le monde qui s'alarmait de la baisse de consommation pour les fêtes de Noel, tout cela a cause de cette méchante crise, mais pas a cause d'une prise de conscience des gens qui peut être un jour pourrait se dire qu'ils n'ont pas besoin de 25 paires de chaussures, 53 pulls, 4 télés, 45 jouets (car c'est pareil pour les gamins), 3 voitures, 4 maisons, et que toute cette surdose consommatrice détruit la planète... Achetons, achetons pleins de cadeaux a Noel, au nouvel an, a la St Valentin, a Pâques, a la fête des mères, a la fête des pères, a la fête des grand mères, pour les anniversaires, pour les bébés qui naissent, pour les crémaillères, pour les voyages... et puis pour le plaisir aussi, c'est bon pour l'économie. Alors, aller les gens, il faut consommer encore plus, qu'est ce que vous faites de votre temps libre ? Ah vous n'en avez pas ?
Il y a des jours comme cela... Il faut garder confiance en la nature humaine, elle est capable de faire de merveilleuses choses... mais la je ne vois pas trop...
You gotta stop ! before... C'est un récit politiquement correct alors vous mettez ce qui vous arrange a la place des 3 petits points. C'est l'effet Aretha qualité filtre.

Apres cette journée forte en émotion, nous décidons de poursuivre notre chemin vers la cité des dieux, le temple des temples, le joyau de la couronne, que même les Khmers rouges, ils ne l'ont pas détruit, c'est dire le respect qu'impose le nom d'Angkor.

Je retrouve mes amis Shiva et Vishnu que j'avais abandonné lâchement en Inde, mais qui ont plusieurs grandes maisons près de Siem Reap. Elles sont un peu en ruines, mais c'est la faute au temps qui passe car avec le temps, va, tout s'en va ! Le tout reste grandiose, le domaine s'étend sur des kilomètres que je parcours à vélo (J'avoue avoir triché quelque peu grâce à mon complice Sergio).

Le seul inconvénient, c'est que mes 2 potes dieux hindous ont beaucoup d'autres amis, et ils en invitent 2 millions tous les ans, donc on se sent un peu moins spécial et un peu trop noyé dans la masse. Il est même parfois difficile d'entendre le silence de mes 2 hôtes car leurs visiteurs sont bien souvent peu respectueux de la paix et de l'harmonie qui règnent en ces lieux uniques et anciens. C'est pour retrouver cette ambiance perdue que nous décidons de rester, avec Serge et Sophie, un petit peu de nuit dans le temple le plus charismatique du complexe. Les dieux nous récompensent en nous envoyant leurs 2 plus beaux fantômes qui vont pour quelques minutes nous exécuter une danse macabre au milieu des ruines. Un spectacle grandiose et effrayant, mais nous en sortons indemnes.

C'est enfin vers Battambang que nous nous dirigeons, en bateau à travers des paysages pittoresques et charmants. Cela nous redonne du baume au cœur après s'être fait avoir comme des touristes bleutés avec des places relativement chères pour n'avoir pas de place assise. Le soleil nous brule, le paysage rayonne de beauté.

Battambang est la deuxième ville la plus grosse du Cambodge, mais elle nous apparait sous les traits d'un village. Les gens sont adorables et le temps a ralenti pour laisser les habitants vivre à leur rythme. Il n'y a presque pas de voiture, c'est une condition nécessaire aux charmes de la ville et a la paix qui y règne. On décide de louer une moto le lendemain pour parcourir les environs de ce bel endroit. Mais une glace peu catholique m'a torturé l'estomac toute la nuit ne me laissant que très peu de repos entre les nombreux passages aux toilettes. Au petit matin, mon état n'a pas changé, je me dois de rester très proche de la cuvette et abandonne mes amis à l'exploration. Ils ont passé une excellente journée à arpenter les chemins du paradis. De mon cote, je patiente et philosophe en me disant que cela fait partie de l'aventure et que j'irais mieux demain... Malheureusement, ce devait être la dernière journée passée en compagnie de Sergio et Sophie. Raté ! Mais j'aurais tout de même bien profité de leur agréable présence pendant ce périple cambodgien. Ils ont été adorables pendant cette pénible journée, faisant des arrêts a mon hôtel pour prendre de mes nouvelles, me réconforter, m'amener des médocs, un copieux repas... Merci les amis.
Le lendemain, je retrouve Mehdi, un breton rencontré au Vietnam. Je tente le vélo en sa compagnie, mais après 10 minutes d'efforts je rentre en urgence à l'hôtel, toujours pas guéri apparemment... Il me retrouve plus tard et je retente la sortie, mais rebelote. Cette fois, je décide de me cachetonner a l'antibiotique, ce n'est pas automatique, mais quand le corps ne se répare pas tout seul, alors il faut lui donner un petit coup de pouce.
C'est sur cette note médicale que je termine mon voyage khmer, j'en garderais un souvenir fort, rempli d'émotions contrastées. Les cambodgiens sont des crèmes, le cœur sur la main et le sourire aux lèvres. Difficile de mettre ces visages en parallèles avec les massacres commis, avec les atrocités qui ont germées dans ces mêmes caboches.

Mais il n'y a pas de secret, l'homme est capable du meilleur comme du pire, et comme disaient les inconnus, c'est dans le pire qu'il est le meilleur. Cambodgiens, allemands, américains, français, congolais... on est tous sur le même bateau, et on réagit tous de façon extrême quand le pire arrive et que l'ignorance règne. L'important à présent c'est d'agir pour que cela ne se reproduise pas... et pourtant... que fait-on ? On détruit notre système éducatif sous prétexte que ca coute trop cher. On assomme les gens avec des programmes télés idiots et abrutissants. On lance des guerres sous de faux prétexte de lutte antiterroriste... Ahhh... cette maudite race humaine ! Va-t-elle un jour être digne de toutes ces autres belles choses qu'elle représente ? L'avenir nous le dira, mais la en ce moment... je n'ai pas trop confiance...

Sunday, November 15, 2009

Vietnam


C'est un régal de retrouver une ville qui a gardée son histoire, sa vie et qui ne soit pas criblée d'immeubles neufs et immondes. Il y a un bruit énorme dans les restos pour cause de discussions mouvementées et rieuses, pas de télévision... Tous les hôtels m'acceptent... Les gens ont retrouvé le sourire et viennent discuter... Il faut être habile pour traverser la rue, une vraie cohue... J'ai l'impression de me rapprocher de Mumbai. Un air de déjà vu agréable...
J'y reste 4 jours sous la pluie, pendant lesquels j'ai passé beaucoup de temps à la banque, mais je ne vais pas revenir dessus... Une fois l'alerte typhon passée et les traveler's retrouvés, je prends l'omnibus pour le paradis, Halong Bay.

Halong Bay a le prestige qu'elle mérite, mais le tourisme de masse qui va avec apporte un changement de comportement des gens qui n'est pas des plus encourageants. Si l'on ne veut pas de tour organisé, c'est un combat de chaque instant pour y arriver. Il y a 2 parties dans Halong city... l'ouest avec ses hôtels, ses restos, ses magasins et son port touristique ; l'est où il n'y a rien, voudrait on me faire croire. Il y a bien un port pour les locaux de ce coté, mais personne ne veut me renseigner sur l'endroit exact de ce port et sur la destination de ses bateaux... On me ment plusieurs fois sur l'existence même de ce port, il ne faut pas qu'un touriste échappe aux mailles du filet des pêcheurs businessmen. J'opte pour le moins facile, mais aussi pour le moins cher et le plus intéressant. Je cherche donc par mes propres moyens et arrive à bon port après quelques heures de marche. Je prends un ticket pour Quan Lan Island, une belle ile en mer...

Avant de partir en bateau, un petit tour du coté des restos de rue pour y manger du poisson et autres délicatesses dont je tairais le nom pour la simple raison que je ne les connais pas. En voila un qui a l'air bien rempli de monde, c'est bien souvent un signe de qualité dans la restauration (a l'exception peut être de Mcdo). Je me trouve un petit coin de banc qui n'incommode personne et commande un peu de tout. Au moment où je me sers un grand verre d'eau des bouteilles qui sont a disposition, je vois le regard surpris de certains et même un peu d'approbation dans quelques yeux. Cela m'amuse et je me dis que peut être les gens d'ici ont une alimentation saine et équilibrée et qu'il est important pour eux de boire beaucoup d'eau. Assoiffé je m'y attaque et réalise tout de suite mon erreur. Je fais comme si de rien n'était et continue à boire mon alcool fort alors qu'il n'est que 11h30... Du coup, le bateau a tangué un peu plus durant l'après midi... mais la traversée fut splendide dans cet univers féerique, et chose rare ici, j'étais le seul touriste du bateau.

Ile tranquille, 2 jours de repos total, villageois souriants, plages de sable fins et coquillages coupants, mon pied y a gouté, un bout de l'intrus est resté coincé dans mon talon, une sympathique grand mère du village qui ramassait des grands vers roses étranges a vu cela et s'est précipité pour me secourir, elle a sortie son aiguille pour extraire les morceaux enfoncés dans la chair. Je l'ai remercié puis ai réalisé trop tard que je devais faire plus attention aux aiguilles d'origines inconnues qu'on m'enfonce dans le corps, même si elles viennent d'une innocente mamie...

Puis le bateau m'emmène vers Cai Rong, de la, j'essaie de trouver un autre bateau pour rentrer a Halong. On me dit qu'il n'y en a pas et qu'il faut prendre le bus, pourtant j'avais eu d'autres infos, je continue ma recherche ardument, ma préférence va au transport maritime cheminant paisiblement au milieu de ces collines noyées dans la mer... en questionnant les gens, je me fais offrir des coups, bières et vodkas vietnamiennes m'aident a communiquer en Viet, mais je ne trouve pas de restos pour éponger tout cela... je ne partirais pas aujourd'hui, attendons demain, les bateaux ont l'air de partir tôt le matin...

Retour a Halong City, cette fois je me dois de me mêler a la foule des touristes puisqu'il n'y a pas de bateau pour Cat Ba Island aujourd'hui du coté local (j'ai pris bien soin de le vérifier moi-même). Changement de décors. Alors que les gens étaient accueillants, généreux, joyeux les jours derniers, ils sont à présent avides de sous, menteurs, moqueurs, insolents, oppressants. Comment faire pour que le tourisme ne se solde pas par ce changement brutal de comportement ?

Je prends mon billet pour Cat Ba Island. Le port principal, ainsi que la ville principale, se situent au sud de l'ile. Je précise bien, svp un billet pour aller a Cat Ba city. On me le vend, et c'est seulement une fois embarqué que l'on nous prévient que le bateau ne nous déposera pas à Cat Ba city, mais dans le nord, a un endroit ou il n'y a rien, seulement un dock pour y éjecter et récupérer les passagers... Mais, heureusement, ils ont pense a tout car il y a un bus qui nous emmènera a la ville située a 30km au sud... pour la modique somme de 100 000 dongs... haha, bravo l'arnaque ! Et bien sur il n'y a que ce bus nous assure t'il. Et il faut acheter le billet de bus tout de suite, c'est mieux... bien sur... et bien tous les touristes ont mordu a l'hameçon, trop faciles a arnaquer, pourquoi se gêner si ca marche si facilement. C'est donner raison a ce genre de comportement, personne ne prend le moindre risque, bien sur pour une bourse occidentale, c'est finalement si peu, mais pour un vietnamien c'est une grosse aubaine. On nous manque de respect ? Pas étonnant, on a l'air d'abrutis à leurs yeux pour se laisser avoir si facilement. Le fait de vouloir être payer tout de suite annonce le fait qu'il y aura surement d'autres moyens de transports a la réception du bateau, donc je préfère tenter ma chance ; et s'il n'y a que lui et son bus comme sauveur, et bien je préfère encore planter ma tente en débarquant et marcher les 30 bornes le lendemain que de céder a son chantage. En arrivant, il essaie de me faire un prix, parce qu'il est « gentil ». Haha, c'est donc qu'il y a un bus qui va passer. Dans un coin il y a une affiche : toutes les 40 minutes, un bus passe et emmène les passagers à la ville pour 10 000 dongs, 10 fois moins cher. Tous ces moutons ont donc payé 10 fois plus cher que le prix normal, mais personne ne s'en affole, non, on a de l'argent, on le jette comme ca par la fenêtre pour les « pauvres ». Bravo ! Il faut partager les richesses je suis d'accord, mais de cette façon ? Que devient la relation entre les visiteurs et les hôtes dans tout cela ? Il y a des motos qui veulent me prendre à tout prix, pour 70 000, pour 50 000, ca descend de minute en minute. Et le panneau ? Je veux prendre les transports publics mon ami ! Non, il n'y a pas de bus... Mais bien sur... Arrête de me prendre pour un imbécile, s'il te plait. Mais le temps passe et le bus ne vient pas. La, j'ai l'air bête. Tant pis, la nuit arrive et je vais planter la tente. 20 000 me dit on dans un dernier espoir. Au loin, je vois les phares d'un véhicule qui s'approche. J'exulte ; alors, il n'y a pas de bus ? Sans rancune, ils partent le sourire aux lèvres. Arrive à la ville, je croise la bande de touristes du bateau. « On s'inquiétait pour toi, il y avait donc un bus, on s'est fait avoir, mais ce n'est pas grave, ce n'est que 6 dollars ! » « Oui c'est peu d'argent pour toi, mais pour eux c'est beaucoup, et la manière dont il a été gagné est un manque de respect et invite au même comportement. » Mais heureusement, il y a pour tous ces braves gens l'argument suprême qui surpasse tous les autres : « oui, mais ils n'ont pas beaucoup d'argent, alors tu vois grâce a moi, a ma générosité, ils vivront mieux... » Bref !
Pourquoi je m’égare toujours comme cela, c’est un blog de voyage enfin ! Aller un peu plus de joie et de bonne humeur de ma part, ca devrait pourtant être facile avec ce que je vis, avec toutes les belles choses que je vois… Mais malheureusement, à présent, je fais partie de la catégorie des touristes, et ce n’est pas toujours joli à voir, les dégâts du tourisme de masse.
Retour a nos moutons, non pas les moutons touristes, les autres.

Cat Ba Island est sauvage, la jungle domine le flanc de ses sommets, une petite balade en scooter dans son antre m’a amené à croiser 3 serpents que j’ai réussi à éviter tant bien que mal. Je n’ai donc pas osé prendre mon sac a dos pour randonner au milieu de ces sympathiques reptiles.

Je me suis trouvé un bon et agréable resto, j’ai sympathisé avec les patrons et les clients le premier jour. Je demandais le prix du plat que mes voisins mangeaient et qui avait l’air délicieux, ils m’ont répondu le vrai prix et se sont fait vertement gronder par la patronne qui voulait me faire payer double tarif et qui ne put plus à présent. Cela a bien fait rire tout le monde, et je fus content de comprendre pour ne fois le contenu d’une conversation en vietnamien, non pas que je compris les mots. J’y suis donc retourné à tous les repas.
Toutes les bonnes choses ont une fin, je prends congés de la baie d’Halong, direction Ninh Binh. Comme a mon habitude, j’essaie de prendre les transports locaux, un ferry jusqu'à Haiphong, puis 1h a pied jusque la gare de bus, mais j’arrive trop tard, le dernier bus pour Ninh Binh partit a 13h… Ce sont les aléas fréquents qui agrémentent ce genre de voyage. Il est 14h, j’ai le temps de me trouver un hôtel. Tous sont hors de prix, on me dit les prix en dollars pour qu’ils paraissent moins élevés. Je traverse la ville, je marche sans arrêt jusqu'à la tombée de la nuit, mais la chance ne me sourit pas et la providence ne récompense pas mes efforts. Mais ou vont donc dormir les voyageurs au faible revenu à Haiphong ? Dorment-ils directement dans la gare ? Non, elle est presque vide a cette heure ci… tant pis, je capitule et dormirai dans une de ces chambres avec frigo, télé, clim… pas la force ce soir d’aller somnoler dans un coin de la ville en attendant que le soleil fasse son apparition. Je ne pousse pas jusqu’au bout ce que je préconise et veux vivre.

Ninh Binh est une ville baignée dans la ruralité. Pendant 2 jours, j’enfourche mon vélo et parcours en long, en large et en travers le voisinage, les rizières encore une fois sont dominantes. Le paysage ressemble a Yangshuo, en Chine, c'est-à-dire que c’est un champ de collines abruptes sortant de terre, la même formation géologique qu’a Halong Bay (d’après les locaux d’Halong Bay, c’est un dragon qui a façonné le paysage, il faut toujours un dragon dans les histoires merveilleuses chinoises ou vietnamiennes).
Je cherche un temple, dans ce labyrinthe de ruelles et chemins de campagne, il est très difficile de trouver son chemin, et pas la peine de compter sur un hypothétique panneau d’indication ici. Je demande donc souvent, ce qui me permet de pratiquer un peu mon vietnamien avec l’aide de mon petit livre. On me dit a l’est, je continue pendant plusieurs kilomètres sans trouver, alors je redemande, on me dit loin a l’ouest, je reviens sur mes pas, je renouvèle ma demande, j’avance dans toutes les directions sans jamais trouver mon but. Mais le dicton dit bien que le but ultime du voyageur est le parcours et non l’arrivée. Je suis rassuré alors…

Dans mes égarements, je tombe sur un énorme complexe de temples en construction. Un futur haut lieu pour la spiritualité en herbe et les cars de touristes. Je m’y promène, les pagodes non finies ont un air étranges, on y sculpte les dieux par centaines, pour mieux y récolter les offrandes de l’avenir. Je m’y balade un couple d’heures, retourne a mon vélo et m’aperçoit que les clés de mon cadenas ont disparu… Elles ont du tomber de ma poche en escaladant les constructions, mais ou ? J’ai parcouru quelques kilomètres dans les méandres de ce lieu. Tant pis, je cherche, je cherche, je cherche… et je trouve. Le porte clé était une petite mygale. Je n’ai jamais été aussi content de voir une araignée. He bien, vous le croirez ou non, mais au moment ou je retrouve les clés de mon cœur, j’écoutais « A ton étoile » de Noir Désir. Ce n’est qu’une coïncidence bien sur…

Puis c’est a Hue que je continue. J’y retrouve la masse de touristes, les avantages et les inconvénients… C’est une belle ville historique ou chaque empereur a voulu se construire un mausolée digne de ce nom, bah oui, on a bien souvent un peu la grosse tête quand on est empereur, et même après sa mort, il faut que l’on fasse des siennes… l’un d’eux a caché son corps en compagnie tout ses trésors dans un lieu tenu secret. Afin de le garder, le secret, les 200 travailleurs embauchés de leur plein gré pour l’enterrement on été trucidé… Les belles histoires de la vie.

Hoi An est un charmant petit village de pêcheur, reconverti en parc à touristes. L‘architecture est enchanteresque, la plage est splendide, la mer est chaude et turquoise, les restaurants préparent de délicieux gourmets locaux. Que demande le peuple ? Rien de plus, mon ami. Pourtant, il devrait. J’ai envie de crier : « Aline ! Pour qu’elle revienne ! » Non, ce n’est pas ca… « Hey, on est au Vietnam, je vous le rappelle ! Ce pays est peuplé de vietnamiens sympathiques qui ne sont pas tous vos serviteurs. » Tout le monde s’en fout, on n’est pas la pour ca, et, me répond on, les vietnamiens ne pensent qu’a la tune… Vrai, mais tu ne leur parles que de tunes mec… Essayes-tu d’apprendre leur langue ? Leur demandes tu autre chose que, combien ca coute ? Et puis grâce à nous, ca leur fait plein de boulot, alors ils sont contents de me porter mes bagages et de me faire le tour de la ville en me portant sur leur vélo pousse-pousse…
Sans effort de ma part, je suis en vacances quand même, sans dec ! Bon bah oui, Hoi An c’est le paradis pour les touristes… qui ne recherchent AUCUN contact avec les vietnamiens, mis à part les services qu’on doit nous rendre. On l’a mérite, on a bossé dur pour ca ! A bon entendeur, salop !

Une nouvelle fois, c’est le bus de nuit qui me transporte, pour Nha Trang, the station balnéaire of Vietnam ! Un petit bain de soleil, une détente sur la plage me feront le plus grand bien. Des backpackers remontant le pays m’en avait parlé comme d’un paradis, une étape obligatoire. Mais sur quels critères ? J’aurais du me renseigner. Party on the beach, yeah ! Que fait-on quand on vient au Vietnam ? Bah, on picole dans des bars branchés sur la plage entre touristes jusqu'à pas d’heure, et la journée on cuve sa soirée en comatant dans le transat, en sirotant quelques cocktails. On ne se baigne pas, la mer est pleine de poubelles et de rats morts, mais de toute façon, on n’en a pas envie, car ce soir, on remet ca ! Le plus rageant, c’est le fait que les seuls vietnamiens participants a ce cirque sont : les prostituées, accompagnées souvent par un blanc qui fait 3 fois son âge, voire plus, et les serveurs, ou serviteurs, ou esclaves, chacun choisit le terme qui lui convient, y en a pour tout le monde. Je m’échappe de l’endroit des le lendemain, vers Mui Ne et ses fameuses dunes.

Les dunes sont prises d’assaut pour le coucher du soleil, mais les gens ne font pas plus de 50m pour prendre la photo et repartir, sur 300 mètres carrés a coté du parking, il y a 300 personnes. Du coup, j’ai tout le reste pour moi tout seul, et ce n’est pas plus mal. Encore une fois, le vélo est mon moyen de locomotion privilégié. De plages en villages de pêcheurs en dunes de sables rouges et de sables blancs, de rivières tout droit sorties de l’imagination des enfants… je passe 2 jours merveilleux. Les restos de rues ne servent pas seulement le pho typique (soupe de pates de riz accompagnée de viandes et de légumes), ils grillent aussi toutes sortes de coquillages et poissons tout frais sortis de la mer, un régal, un délice !

Posé a l’ombre pour contempler la création de mère nature, je découvre le manège de quelques gamins du village pour récupérer quelques sous auprès des touristes au grand cœur… Ils se présentent comme guide pour les amener dans des endroits secrets, si le touriste dit non, alors ils mendient et ne lâche pas l’individu des baskets. Alors le touriste en a marre et lui envoie quelques billets pour se débarrasser des petits pots de colle. Ca marche du tonnerre, la plupart donnent… et ceci continue toute la journée. C’est un jour d’école.

La fin du séjour vietnamien se fait sentir, déjà novembre, le temps file, et avec le temps, tout s’en va. Alors je m’en vais, pour Saigon, rebaptisée Ho Chi Minh City… N’oublions pas nos héros ! La ville est bruyante, laide, polluée. Mais elle est vivante, les gens sont communicatifs et finalement j’apprécie m’y promener. Mes poumons apprécient moins. Le War Remnants Museum est poignant. Les photos des horreurs de la guerre sont terribles de vérités. Elles rendent tristes, elles enragent, mais tant mieux. Si l’on nous montrait toujours vraiment ce qu’est la guerre, on la ferait surement moins. Au lieu de cela, la plupart du temps, on nous parle de frappe chirurgicale, on nous dit des chiffres, on nous ment, on nous spolie… Du sang, des corps déchiquetés, des enfants brulés, des femmes violées, des estropies… et j’en passe. Voila ce que c’est, au Vietnam, en Afrique, en Iraq et partout ailleurs. Mais quand même, il faudrait envoyer quelques soldats français en Irak pour récupérer quelques contrats de reconstruction et avoir un peu de droit sur le pétrole. Mais qu’est ce que je dis ? Mais non, c’est pour aider les irakiens, bien sur. Car les soldats et les états démocratiques d’aujourd’hui ne commettent pas les atrocités d’hier. Non ? Le pire est que ces images qui restent gravées dans la mémoire sont celles qui ont été prises en photo. Et s’imaginer les autres… Bref, continuons à voter des Bush, des Berlusconi et des Sarkosy pour « pacifier » tous ces vauriens et doper notre économie. L’économie, il n’y a que ca de vrai. Full cash ! Come on man !

Heureusement, l’exposition se termine par une collection de dessins faite par des écoliers pour demander la paix entre les peuples. Cela redonne du baume au cœur et on reprend confiance en l’humanité. Mais pas pour longtemps, car je sais bien que ces jeunes âmes innocentes grandiront vite et seront éduquées et mis dans le droit chemin par TF1, CNN et toute la clique des medias qui prêchent les bonnes paroles de nos gentils gouvernements.
Sorti de ce musée, la cervelle en compote, je me cherche une Bia Hoi (bière faite localement), mais je n’en trouve guère. Je me pose pour boire un thé et rencontre Trung avec lequel je discute en anglais approximatif et vietnamien encore plus approximatif tout au long de la soirée. Il m’invite pour un tennis le lendemain. Excellente nouvelle, j’avais besoin et envie de faire autre chose que du vélo et de la marche, et un tennis en bonne compagnie me remontera le moral. Malheureusement, à l’heure dite, il pleut des chiens et des chats… Raté ! Une dernière journée pour visiter les nombreux temples de la ville et bye bye Saigon, bonjour le delta du Mékong.

Un monde de terre et eau. Cette partie du Vietnam est composée de milliers de petites iles entrecoupées par le large Mékong. Je me perds dans ce labyrinthe en vélo, je passe des ponts, je prends des bateaux et me dirige à la boussole. Il y a des odeurs de noix de coco utilisées dans la fabrication de confiseries et des odeurs de durian, mais ca c’est moins plaisant… La jungle est dense et dans chaque bras de rivière semble apparaitre un croco horrible. On m’assure qu’il n’y en a pas… alors un petit bain est de rigueur. Ici, on fait son marché en bateau, on rame de barque en barque pour négocier les bananes, noix de cocos et autres frugalités.

Arrive à la pointe sud du Vietnam, il ne reste qu’une belle ile en mer sur mon chemin. 4 jours sur une ile paradisiaque, nommée Phu Quoc, pour finir en beauté le périple Viet, je ne dis pas non. Mais il n’y a plus de ticket, le prochain bateau est complet, me dit on a l’hôtel. Mais heureusement, ils ont pour moi un bon plan sur un autre bateau dans une autre ville pour un petit prix… Je connais la rengaine, je vais voir par moi-même sur le quai et achète en 5 min une place sur ce bateau soi disant plein. Arrivé à Phu Quoc, je loue une moto afin me balader et avoir les mains libres pour camper ou je le veux.
Première nuit côté ouest pour manger devant le coucher de soleil. Je cuisine à l’eau de mer un délicieux plat de nouilles au thon sans thon, car il ne me reste qu’un demi-litre à boire et mon couteau est introuvable, donc impossible d’ouvrir la boite de conserve. Le repas est sans saveur et affreusement salé, mais il rempli sa fonction première de me nourrir. Pour les délices, on verra demain. Au petit jour, un bain réveil et je plie bagage pour continuer la découverte de l’ile. Un vendeur ambulant m’aperçoit de loin et vient à ma rencontre. Il veut me prendre ma dernière gorgée d’eau alors qu’il en vend des litres dans son petit chariot, c’est comme cela, on peut abuser du touriste, il dit rarement non, tellement mal a l aise de sa supériorité financière. Je le renvoie vertement, puis me dirige vers la mob. Mais au moment de démarrer la bête, la clé manque a l’appel. Je la mets pourtant toujours dans ma sacoche d’appareil photo depuis l’incident de la clé de vélo. Je déplie tout le bagage et cherche dans les moindres poches et recoins invraisemblables, mais rien. Je scrute tous les brins d’herbes de mon campement, mais rien… Au bout de 3 heures de recherche, j’en viens a la conclusion que je fus assez bête et distrait pour laisser l’objet dans la poche de maillot de bain et que je me suis baigné avec sans même m’en rendre compte. La même histoire était arrivée à Fab, mon ancien coloc de Toulouse. Mais avec l’aide d’un masque quémandé a un gamin, j’avais réussi a la retrouver a moitie enfouie dans le sable mis en mouvement par le courant incessant. Cette fois je n’ai pas de masque, alors je me détruis les yeux pendant toute la journée, mais il faut bien que je la retrouve, c’est trop idiot. 5 heures plus tard, j’abandonne et part vers la route pour stopper une moto qui me prêtera son portable pour une fortune, car un touriste en galère est une bonne aubaine… A la tombée de la nuit, le proprio de l’engin me rejoint avec un double, qui lui aussi vaut son pesant d’or… Mais vue la bêtise de mon geste, je ne peux qu’accepter sans condition. Malgré la nuit tombante, je dois décoller de l’endroit car je suis assoiffe et je n’ai plus une goutte d’eau non salée. Je m’achète sur le chemin des réserves pour la suite du périple, mais le sac a dos me brule la peau… le soleil ne m’a pas loupé malgré les couches de crème solaire… Ma peau me rappelle que je suis originaire de chez les chtis… Du coup, 2 petits bonhommes dans ma tête se disputent pour choisir de la suite de l’expérience : l’un me dit de stopper la souffrance et de m’arrêter dans un lit moelleux, manger un succulent repas dans un bon restaurant et prendre une douche d’eau douce pour refroidir la peau brulante. L’autre me dit de continuer l’aventure, ce n’est pas un petit échauffement de l’épiderme qui me stoppera, la douleur est peu de chose et le lever de soleil demain sur la mer me fera oublier la mauvaise journée passée et me réconfortera dans mon choix présent. Alors je continue, mais 2 minutes de plus de lacération du dos auront raison de mon mental. J’abandonne tout penaud le camping sauvage et m’arrête dans un hôtel.

Vietnam, je te dis au revoir et te souhaite bonne chance pour l’avenir. Moi, je te quitte et vais retrouver ton ami d’enfance, le Cambodge, avec qui tu as beaucoup aimé jouer à la guerre…